Le Crépuscule des Gueux, de Hervé SARD

Publié le par Jacques Saussey

Crepuscule

 

Quelque part, accroché au bord d'une voie de RER de la banlieue ouest, il y a la communauté des Gueux. Des laissés-pour-compte, hachés par la vie, qui ont retrouvé ensemble un fantôme d'équilibre. Un ensemble de cabanes improbables, installé entre des immeubles de banlieue et des pavillons cossus, et qui est parvenu à se rendre invisible en évitant de déranger les habitants du quartier. 

Tout le monde ne peut pas habiter aux Gueux. Il faut respecter les règles. Propreté, dignité, et transparence.

Il y a Môme, la plus ancienne, qui perd la boule à cause d'un accident qu'elle a eu il y a longtemps, et dont elle ne se souvient plus exactement. Il y a Capo, qui assume plus ou moins le rôle de chef, et ça arrange tout le monde. Capo et son épée de Damoclès suspendue au-dessus du cou, et sujette aux courants d'air. Il y a Boc le cuistot, celui qui accommode ce que tout le monde parvient à rapporter de l'autre monde, celui où les gens jettent des choses encore bonnes à manger, et qui cuisine tout ce qui peut lui tomber sous la main pour améliorer leur ordinaire. Il y a Boop, à la bêtise collante comme un chewing-gum, et aussi Krishna le philosophe, celui qui regarde les autres en évitant de s'en mêler.

Et il y a également Luigi. Luigi qui a fait de la prison pour un crime qu'il a avoué, il y a des années. Un crime qui a eu lieu près des Gueux. Luigi dont le seul rêve est de retrouver Lula. Luigi qui revient aux Gueux alors que deux cadavres de femmes sont retrouvés sur la voie, là où la première femme a péri autrefois.

Alors, les Bleus lui courent après, forcément, et il doit fuir, fuir avec les roulettes de son caddie qui grince sous le poids de ses maigres possessions.

Et les Gueux sont inquiets. Les flics mécontents.

Que s'est-il passé cette nuit-là ? Comment les deux inconnues ont-elles perdu la vie ? Qui est responsable de leur mort ?

 

Hervé Sard aime ses Gueux. Son aura diaphane les enveloppe en permanence, comme pour tenter de les protéger de l'inéluctable. Il dispense une écriture qui vous arrache des larmes et des sourires, et que vous ne serez pas près d'oublier.

Le crépuscule des Gueux ? Non, impossible. Ce formidable polar profondément humaniste n'en est qu'à l'aube de son succès.

Que vous soyez lecteur, libraire, auteur, ou simple passant sur ce blog, NE PASSEZ PAS À CÔTÉ DE CE BOUQUIN !!!

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